Mais qu'est-ce donc que… la Vache Noire ?

 

 

 

 

 

Cela se passait voilà un peu plus d'un siècle…

 

« C'est en 1893 qu'eut lieu la mise en service du chemin de fer sur route de Paris à Arpajon par la route d'Orléans. Sur un accotement longeant la chaussée, la voie ferrée était parcourue par une locomotive à vapeur « Tubize », à deux cabines de conduite, à l'avant et à l'arrière, et cheminée en forme de tromblon. Elle tirait jusqu'à six voitures, certaines à impériale, en fumant et crachotant : cette motrice fut vite surnommée « La Vache Noire » et ce nom finit par baptiser le carrefour où s'arrêtait le train, à l'entrée de Montrouge. 

Le convoi annonçait son passage au son d'une cloche et, à certaines saisons, l'odeur de la fumée s'entremêlait du parfum des fraises transportées de la vallée de la Bièvre aux Halles. […]

"Le train s'emplit, écrit Robert Burnand, le dimanche matin, d'une foule en toilettes fleuries, en complets clairs, qu'on voit revenir le soir, en tenue de deuil, encrassée des pieds à la tête. […] la Compagnie générale des omnibus méprise, sur cette ligne, les voyageurs qu'elle inonde d'escarbilles : heureux, déjà, doivent-ils s'estimer qu'on veuille bien les transporter. L'Arpajonnais sert avant tout au transport des légumes. Peu importe qu'ils arrivent à Paris poudrés de noir […]." »

 

(Texte extrait de l'ouvrage Montrouge et son histoire de Pierrette Cour, Lucie Geeraerts et Armand Thomas, 1988 ; manuscrit achevé en 1974 et acheté par la Ville de Montrouge ; révision, adjonctions, introduction de Georges Poisson, préface d'Henri Ginoux.)



 

 

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